Ces dernières semaines, Google est partout, pas seulement sur la page d'accueil de votre navigateur internet, mais surtout dans l'actualité. Le moteur de recherche crée par deux étudiants ne veut plus se limiter à la simple recherche sur Internet, on commence à le comprendre : publicité, agrégateur de nouvelles, cartes, blog, diffuseur de vidéos et de logiciels on-line (Picasa, Writely...)...

Google is everywhere

Ce qui a mis Google sur le devant de la scène, c'est tous ces outils, aussi divers et variés, qui se retrouvent dans les mains d'une seule et unique entreprise. Les revenus de Google proviennent entièrement de la publicité, publicité qui nous tourmente jour et nuit, en sortant dans la rue avec tous ces panneaux publicitaires, à la télévision avec ses spots, mais aussi dans les conversations téléphoniques avec la formule Spot (Bouygues Télécom), et depuis quelques années sur le net.
Bref, c'est un marché porteur, et Google compte rester leader dans ce domaine. Récemment, ils ont ajouté une toute nouvelle fonctionnalité : Web History, qui consiste à enregistrer tout l'historique de vos visites, en donnant l'argument que ces données serviront à améliorer les recherches sur Internet. Bien entendu, personne n'y croit réellement une seule seconde, surtout que du côté des concurrents de Google, qui ne savent plus où donner la tête pour chiper quelques parts de marché dans le monde : Ask et Microsoft donne la possibilité aux utilisateurs d'anonymiser leurs recherches.

Que serait Google dans 5 ans ?

Personnellement, je suis un peu dans la confusion[1], d'une part Google veut tellement regrouper les données qu'ils recueillent avec les recherches que je me demande combien peut coûter ma vie privée, et cette nouvelle fonctionnalité ne va surement pas en ce sens.
Imaginez seulement le moteur de recherche de Google dans cinq ans, si toutes ces données étaient regroupées. Paf, je tapotte sur mon pauvre clavier le mot CSS, Google me sort en premier lien, un lien sponsorisé vers le site marchand Amazon, plus précisément vers le jeu Counter-Strike : Source, puisque j'ai installé sur mon ordinateur, Google Desktop Search, qui a indexé le logiciel Steam. Ou même pire (je caricature peut-être un peu, enfin), prenons l'exemple d'une personne qui est adepte de la philosophie libre, il utilise Linux et possède uniquement des logiciels, et des pilotes libres, "malheureusement", il utilise Google comme moteur de recherche : ce moteur possède toutes les données que l'utilisateur a tapoté sur son clavier depuis des mois, il observe une grande fréquence des mots clés kde, emacs, gentoo, shell. Ce même utilisateur utilise activement Writely, et importe souvent des fichiers .odt (format utilisé par KOffice par exemple). Bref, Google conclut qu'il a devant lui, un vrai adepte du libre, je pense vraiment qui si l'utilisateur recherche le mot clé Office, il va se retrouver avec des liens sponsorisés de la suite de Microsoft, plutôt que son équivalent libre.
D'autre part, Ask et Microsoft choisissent un autre chemin, celui de moins surveiller les utilisateurs qui utilisent leur produit, encore là plusieurs questions, est-ce seulement une réponse à Google, ou est-ce une fonctionnalité préparée depuis maintes réunions ?
De plus, la recherche sur Internet peut être également plus performante, sans pour autant mettre la vie privée des utilisateurs en danger, par exemple, avec tous les mots clés, ils peuvent déterminer des modes (dans le sens de trends), qui modifiera sensiblement les résultats des moteurs de recherche.

Google et les mobiles

Au delà de la recherche, Google veut prendre une place dans la téléphonie mobile, à première vue, c'est une bonne nouvelle. Comme en France, où Illiad tente d'acquérir une licence 3G et 3G+, cela pourrait créer une vraie concurrence, et non tel qu'actuellement où les trois ténors que sont SFR, Bouygues Télécom et Orange se discutent pour le lancement de leurs offres (les prix sur les forfaits n'ont pas vraiment évolués dans le bon sens). Chacun sait qu'Internet tend à se démocratiser dans le monde, en séduisant des personnes que le mobile a déjà envouté. Par là, je veux dire que la population qui utilise le mobile ressemble étrangement à celle qui surfe sur Internet. On peut encore extrapoler en disant que les données récoltées sur Internet peuvent être utilisées sur le monde du mobile. Bref, on aurait du Google en se réveillant avec son portable, dans les transports, dans son lieu de travail, et à son domicile.

A cette allure-là, pourquoi on ne verrait pas une GoogleTV avec du contenu télévisuel lié au nombre d'appels, aux fichiers présents sur le disque dur des ordinateurs, et aux mots clés les plus utilisés ?

Notes

[1] En réalité, je suis plutôt impatient de voir comment Google va s'en sortir avec son modèle économique assez étrange.